Des origines à nos jours

Tous les faits et anecdotes suivants ont été transmis à Morio Higaonna par son professeur An’ichi Miyagi et de nombreux anciens élèves de Chojun Miyagi, qui furent témoins occulaires où reçurent ces informations de Chojun Miyagi lui même. Ce dernier ayant hérité de ce savoir par son professeur Kanryo Higaonna. De nombreux autres témoins, proches parents, amis, personnalités, ont aussi permis un historique plus complet et fiable.


RYU RYU KO

(CHINE – dates non connues).

Ryu Ryu Ko fût le premier maillon de la chaîne aboutissant à l’actuel Goju Ryu d’Okinawa. Il apprit l’art du combat d’un temple de Shaolin dans les montagnes de la province de Fujian (Chine). Nous n’avons malheureusement aucune date précise concernant sa naissance et son décès. Par contre nous savons qu’il fût très renommé dans la ville de Fuzhou (Fujian). À cette époque il possédait un petit magasin, où il fabriquait et vendait différents articles à base de canne et de rotin. Il était connu comme ayant des saisies d’une très grande force. Excellant dans l’art du combat à mains nues, il l’enseigna à Kanryo Higaonna, ainsi que les armes et la médecine à base de plantes. Il est à noter que d’après Chojun Miyagi qui le reçu de Kanryo Higaonna, il y eut à la même époque que Ryu Ryu Ko, un autre enseignant bien connu, pratiquant le même style. Ce dernier, Wan Shin Za, plus petit que Ryu Ryu Ko, avait une position sanchin plus large et plus longue. Kanryo Higaonna à dit à Chojun Miyagi “mon professeur est Ryu Ryu Ko”. Cette information fut transmise à An’ichi Miyagi qui la passa à Morio Higaonna.


KANRYO HIGAONNA

Kanryo HigaonnaNé le 10 mars 1853 à Nishimura quartier de Naha, l’actuelle capitale d’Okinawa, il a été reconnu par tous les pratiquants de karaté comme le maître de Naha-Te * de son époque. Son père (Kanyo) possédait trois petits bateaux et commerçait avec les ports éloignés de Naha ainsi qu’avec les îles proches. De temps en temps, il travaillait aussi sur de plus gros bateaux qui faisaient la liaison avec la Chine. À ses retours il racontait d’extraordinaires récits sur les merveilles de la Chine, sa culture, incluant de mythiques histoires d’arts martiaux de ce pays. Ce fût sûrement une des raisons du périple de Kanryo Higaonna en Chine. Il faut savoir qu’en 1867 son père fût tué au cours d’une rixe. L’hypothèse de construction d’une vengeance n’est pas à écarter, car cette année là il se rendit en Chine dans la ville de Fuzhou, il avait 14 ans. Durant 14 années il partagera la vie de son professeur Ryu Ryu Ko. Ce dernier lui lèguera tout son savoir relatif aux arts martiaux. À son retour à Okinawa il prendra le même métier que son père. On pense que suite à la perte de deux bateaux due à des typhons, il commencera a enseigner son art martial. Sa réputation d’expert l’avaient précédé et nombreuses furent les demandes d’enseignement. On ne sait pas exactement quand il commença à divulguer son savoir. Par contre, en septembre 1905, quatre années après l’introduction du karaté dans les écoles, il enseigna à l’école supérieure de commerce de Naha. Au cours de sa vie, plusieurs fois la police lui demandera de prendre part à des arrestations de dangereux criminels. Pour ces occasions, sa technique favorite était mae geri, l’adversaire tombait en arrière et la police pouvait ainsi le maîtriser. C’est peut-être pour cela qu’on l’appelait aussi “Higaonna les jambes”. Il décèda en octobre 1915.

*   Naha-Te : art de combat du village de Naha , à Okinawa.


CHOJUN MIYAGI

Chojun MiyagiChojun Miyagi est né le 25 avril 1888 dans le quartier de Higashi-machi à Naha. Chojun, deuxième fils de Chosho Miyagi, perdit son ainé à l’âge de 5 ans et devint ainsi le successeur familial. Très tôt on pensa pour lui à l’étude du karaté afin qu’il se forge un physique et un mental fort. Sa première rencontre avec un pratiquant sérieux fut avec Ryuko Aragaki (1875 – 1961) qui avait appris le Tomari-Té. Il avait 11 ans. Pour la petite histoire, Ryuko Aragaki étaient renommé pour avoir battu le réputé Choki Motobu. Shuichi Aragaki, petit-fils de Ryuko, ancien élève de Chojun Miyagi, est actuellement conseiller technique de l’IOGKF et enseigne dans le dojo de Morio Higaonna à Naha. C’est à 14 ans que Chojun fut recommandé au fameux maître de Naha-Té, Kanryo Higaonna, par Ryuko Aragaki. Jeune, Chojun était surnommé “mauvais enfant”. Dès qu’il commença l’entrainement avec Kanryo Higaonna, son caractère changea. Il devint calme et sociable. Lorsqu’il entra à Kenritsu Daï Ichi Chugakko qui est maintenant l’école supérieure de Shuri, sa passion pour le karaté augmenta régulièrement. Souvent, il se rendait à l’école en courant et en revenait de la même façon. Il developpa ainsi de bonnes jambes et une meilleure condition physique générale. De même, après l’école il se rendait sur la plage afin de se muscler en soulevant des pierres. Les premières pesaient environ 60 kg. Son système était le suivant : il commençait à en basculer une d’un côté et de l’autre jusqu’à l’acquisition de la force suffisante pour pouvoir la soulever. Lorsqu’il réussissait, il passait à une pierre plus lourde. De nombreux autres exercices avec des poids naturels furent son quotidien. Il fut rapidement ce que l’on peut appeler un athlète. Pour Kanryo Higaonna, Chojun était son meilleur élève. Ainsi, lorsque les cours collectifs se terminaient, le jeune Miyagi restait et continuait. Le maître de Naha-Te lui transmît alors l’intégralité de son art. En 1910 il fut incorporé dans l’armée pour deux années. Au cours de cette période il découvrit vraiment le judo. Ils avait auparavant étudié le sumo Okinawaien, différent du japonais. C’est également pendant ce séjour qu’il fut transféré au corps médical avec le grade de caporal. Ses études en relation avec le physique commencèrent. Lorsque son maître mourût, Chojun Miyagi avait reçu de ce dernier la totalité de son savoir en matière de karaté, ce qu’il ne fît pour personne d’autre, ainsi que le droit (et le devoir ?) de lui succéder. Des anciens élèves de Kanryo Higaonna senseï en témoigneront. Cette succession sera peut-être pour Miyagi, l’occasion de faire des recherches plus poussées dans plusieurs directions. D’abord historiques et techniques car il retournera plusieurs fois en Chine à Fuzhou. Entre 1917 et 1921, il créera le Kata Tensho, forme modifiée du Kata chinois Rokkishu appris lors de récents voyages. À la même époque il developpa l’échauffement avec des bases scientifiques et se rapportant à la technique du karaté. Sa renommée fut telle qu’on lui demanda de donner des cours à l’académie de police de Naha. Il accepta en 1922.Le Naha-Te transmis par Kanryo Higaonna et modifié par Chojun Miyagi , fût nommé par ce dernier GOJU RYU ( ” école dure et souple ” ) en1930 . Il s’inspira du célèbre Bubishi , traité de combat chinois qui disait ” la voie de l’inspiration et de l’expiration est dure et souple ” . Cela collait bien avec les différences de puissance , vitesse , rythmes respiratoires et idée générale des techniques à employer selon l’adversaire .En 1940 il crée les deux Katas Gekisaï Daï Ichi et Gekisaï Daï Ni. Son meilleur élève fut Jinan Shinzato qui malheureusement fût tué au cours de la 2ème guerre mondiale. Après cette guerre qui l’avait durement éprouvé, il perdit son meilleur élève, deux de ses filles, plusieurs autres élèves ainsi qu’amis, il enseigna dans son jardin. Ce fut le temps de dures épreuves et privations à Okinawa. Beaucoup d’élèves ne purent tenir l’entrainement. Si avant la guerre sa priorité avait été la recherche, le développement et la promotion du karaté, après la guerre et jusqu’à sa mort, il ne fît qu’enseigner et organisa le Goju Ryu comme un système. C’est ainsi que la tradition du Goju Ryu d’Okinawa fut transmise dans son intégralité, ce qu’il n’avait jamais donné à aucun de ses élèves même à Jinan Shinzato, au jeune An’ichi Miyagi (aucun lien de parenté). Chojun Miyagi mourût au premières heures du 8 octobre 1953. Il ne fut pas seulement un génie mais beaucoup plus que cela. Il dévoua sa vie à son art martial le faisant reconnaître et admettre par tous.


AN’ICHI MIYAGI

An'ichi MiyagiAn’ichi Miyagi naquit à Naha le 9 février 1931. Il perdit ses parents durant la guerre à l’âge de 14 ans et devint ainsi chef de famille avec à sa charge deux jeunes frères.Il commença l’étude du karaté en février 1948 dans la maison de Chojun Miyagi. Le maître des lieux s’aperçu très vite que le jeune An’ichi était passionné. Dès le début il lui donna certaines corvées à faire, comme à d’autres élèves d’ailleurs. Plus tard il lui en donnera d’autres et spécialement pour lui. Lui même affirme maintenant que tout cela était un champ d’observation pour Chojun Miyagi. Ainsi il pouvait analyser en partie le caractère de l’élève. Très tôt aussi il invitera An’ichi à poursuivre plus loin son entraînement. Le cours fini, les élèves partaient et An’ichi restait et reprenait l’entrainement. À chaque fois Miyagi senseï lui parlait de son expérience, lui donnait des conseils particuliers, faisait passer ses connaissances. De nombreuses anécdotes concernant Chojun Miyagi nous ont été transmises par An’ichi Miyagi senseï. Avant la guerre Chojun Miyagi enseignait deux voir trois Katas exceptionnellement. Il suivait en cela l’enseignement de son professeur Kanryo Higaonna. Jinan Shinzato qui étudiera presque 20 ans avec le fondateur du Goju Ryu, avait appris de lui les Katas Sanchin, Tensho et Sesan. Pour Kina senseï ce fut Sanchin et Seiyunchin, Yagi senseï sanchin et Suparinpe, Tomoyose senseï Sanchin et Sepaï, Furugen senseï Sanchin et Kururunfa. Pour connaître les autres Katas ils devaient se les échanger entre eux. Ainsi Eiichi Miyazato senseï a appris à Toguchi senseï Gekisaï Daï Ichi. Après la guerre, sûrement à cause de nombreuses disparitions de ses proches et parce qu’il avait cotoyé la mort de près, il décida de donner l’intégralité de son karaté à la génération montante. Ce fut An’ichi Miyagi qui bénéficia de cette volonté. Réalisant qu’il avait passé l’héritage du Goju Ryu à An’ichi, Chojun Miyagi lui dit : “je n’ai pas enseigné de tels détails à Jinan Shinzato. Vous devez vous entraîner durement et prendre conscience de la valeur du trésor que je vous ai donné.”. Chojun Miyagi ne se contenta pas de lui enseigner la technique. Il lui appris aussi comment se soigner avec des herbes médicinales, lui enseigna le japonais car à l’époque la plupart des Okinawaiens parlaient le dialecte propre aux insulaires. Il lui parla de Zen, de profonds sujets de philosophie, de l’effet du temps sur les points vitaux, de la meilleure manière de s’alimenter, des complexités de la société à Okinawa, de l’histoire, de l’économie, chaque jour différent était accompagné d’un nouveau conseil, il se comportait comme un père face à son fils. À ce propos, Ken Miyagi le quatrième fils du fondateur, à dit à Morio Higaonna senseï : “An’ichi a toujours pris soin de mon père, préparant du thé, à manger, le lavant et beaucoup d’autres choses. Il fut sûrement plus un fils pour mon père que moi je ne l’ai été.”

An’ichi Miyagi senseï est toujours parmi nous. Il est président d’honneur de la Fédération Internationale de Karaté-doGoju Ryu d’Okinawa (IOGKF) et conseiller technique de Morio Higaonna senseï.


MORIO HIGAONNA

Morio HigaonnaNé le 25 décembre 1938 à Naha, Okinawa, il commença l’étude du karaté à 14 ans sous les ordres de son père qui pratiquait le Shorin Ryu * . À 15 ans il continua le Shorin Ryu au club de son école et avec un ami, Tsunetaka Shimabukuro. À 16 ans, il commencera le style qu’il ne quittera plus, le Goju Ryu avec An’ichi Miyagi comme instructeur, dans le jardin de Chojun Miyagi.Régulièrement il s’entrainait l’après-midi au collège pendant deux heures et dans le jardin de Chojun Miyagi deux autres heures en soirée. C’est à cette époque que naquit sa passion pour le karaté. En 1960 eurent lieu les premiers passages de Dan de karaté à Okinawa. À ce passage présidé par Shoshin Nagamine senseï, les instructeurs chefs de file d’écoles reçurent le Godan, 25 pratiquants (dont Morio Higaonna) Sandan, 23 Nidan et 40 Shodan. Suite à son entrée à l’université Takushoku à Tokyo où il enseigna, sa renommée devint importante au dojo Yoyogi. Au championnats du monde de 1972 à Paris, il y fut invité à démontrer son art. Sa réputation prenait de l’ampleur. À cause de cette dernière, de nombreux étrangers vinrent s’entrainer avec lui à Tokyo.

surnommé « le guerrier ». La presse spécialisée dit de lui « c’est le karatéka le plus dangereux en combat réel ».

En 1979 en Angleterre, fut fondée la Fédération Internationale de Karaté-do Goju Ryu d’Okinawa (IOGKF). À l’heure actuelle quelques 49 pays y sont adhérents. Higaonna senseï 10ème dan s’entraine toujours et continue ses recherches. Tout ceux qui l’ont cotoyé ont été impressionnés par sa puissance, ses connaissances, mais aussi son humilité ainsi que sa simplicité. Nous pouvons affirmer que c’est un vrai maître. Tous les membres de l’IOGKF sont fiers d’avoir un tel personnage à leur tête.

*  Shorin Ryu : art de combat issu du Shuri-Te et du Tomari-Te.


SHIHAN TETSUJI NAKAMURA

Senseï Tetsuji Nakamura est né le 3 avril 1965 au Japon. Il découvre les arts-martiaux à l’âge de 12 ans avec le judo et en fera pendant 6 ans, s’entrainant 5 fois par semaine. Il commence à pratiquer plus tard le karate Goju Kai Japonais à ses 15 ans.

A son entrée à l’Université Kagawa, il rejoint le club de karaté universitaire. Lors des grandes vacances, il fit part à son Instructeur de son voyage avec des amis à Okinawa. Son instructeur insista pour que Senseï Tetsuji Nakamura appelle son propre maître durant son séjour afin de lui manifester son respect. Une fois arrivé à Okinawa, quand l’élève passa son coup de fil, il n’avait pas idée que c’était Senseï Shuichi Araga-ki (étudiant de Senseï Chojun Miyagi et Conseiller actuel à l’IOGKF) qu’il était en train d’appeler. Senseï Aragaki l’invita chez lui pour le dîner et lui relaya de nombreuses histoires sur Senseï Chojun Miyagi et ses propres expériences en karate.

Ces histoires resteront fermement dans la tête de Senseï Nakamura une fois de retour sur le continent.

Dès la fin de ses études, Senseï Nakamura décide de retourner à nouveau à Okinawa pour en savoir plus sur le karate Goju-ryu. Les mots de Maître Aragaki déferlaient inlassablement dans sa tête.

En 1989, Senseï Nakamura arriva à la maison de Senseï Aragaki qui lui annonça qu’il n’avait pas le temps de l’entrainer. A la place, Senseï Aragaki l’emmena au Dojo d’Higaonna, à Naha. Senseï Higaonna était aux Etats-Unis à ce moment là mais Senseï Aragaki avait un programme pour le jeune homme. Il lui mon-tra comment se servir des instruments traditionnels tels que Chishi, Nigiri game et Kongoken et dit : ‘Tu dois faire ça tous les jours, entraine toi dur’. Senseï Tetsuji Nakamura obéit et semaines après semaines, mois après mois, il commençait à se demander si son Maître reviendrait. Six mois plus tard, Senseï Araga-ki arriva au Dojo et décida que les efforts et la loyauté de Senseï Tetsuji Nakamura méritaient le meilleur enseignement du Goju-ryu.

En 1991, Senseï Tetsuji Nakamura remporta la première place en Irikumi-Go (poids moyen) et la seconde place en kata au premier championnat du monde IOGKF. C’est là que Senseï Morio Higaonna vit le poten-tiel et le dévouement du jeune homme et lui demanda de l’accompagner à San Marco, aux Etats-Unis, où il était basé. Senseï Nakamura partit donc vivre en Californie de 1991 à 1994 et devint rapidement le meil-leur élève de Senseï Higaonna, s’entrainant quotidiennement matin, après-midi et soir, avec lui dans son dojo garage (l’Institut Traditionnel de Karate) qui fut, à cette époque, le Honbu Dojo de l’IOGKF. Il devint alors Assistant Instructeur au dojo et Assistant Administrateur au siège social de l’IOGKF.

En 1994, il finit cette fois premier en Irikumi-Ju et également premier en kata au deuxième Championnat du monde IOGKF. Mais le lendemain de sa victoire, il se demanda ‘s’il était bien le meilleur au monde ?’ Sa réponse était ‘Non !’ Bien qu’il ait gagné tous ses combats de manière impressionnante, il sentait que, comparé à beaucoup d’instructeurs seniors de l’IGOKF, il commençait seulement à être un bon pratiquant d’arts-martiaux traditionnels. C’est ainsi qu’il décida de mettre un terme aux compétitions et de se concen-trer sur le Karate-do Goju-Ryu Traditionnel d’Okinawa.

L’année suivante, quand Senseï Higaonna décida de revenir au Japon et de construire une base forte à To-kyo, Senseï Tetsuji Nakamura le suivit et resta à la capitale avec son Maître durant trois ans pour l’aider à installer le Ryubukan et remplira à nouveau son rôle d’assistant instructeur.

Enfin en 1997, Senseï Nakamura part s’installer à Toronto, au Canada, pour aider son ami Senseï Jim Ma-rinow (ancien Chef Instructeur IOGKF du Canada). Ils ont tous les deux pratiqué ensemble en Californie sous les instructions de Senseï Higaonna au début des années 90.

C’est en 2002 que Senseï Tetsuji Nakamura fût nommé Directeur Administratif International pour l’IOGKF. Avec sa famille il revint à Okinawa pour 12 mois afin de pouvoir entreprendre ce nouveau rôle. Il retourna ensuite au Canada en 2003, après que Senseï Jim Marinow ait quitté l’IOGKF, pour y fonder le Shudokan (l’actuel Honbu dojo de l’IOGKF) en tant que Chef Instructeur du Canada et fut nommé par la même occasion Directeur Adminis-tratif de l’IOGKF.

Lorsque Senseï Nakamura avait annoncé à ses parents ses intentions de poursuivre sa voie dans le karate après ses études universitaires, il ne leur fit pas bonne impression. Sa mère ne lui parla plus pendant longtemps. Mais quand ses parents vinrent en vacances au Canada en 2000, ils ont rapidement réalisé à quel point le karate rendait heureux leur fils et l’avait épanoui. Ainsi, ils acceptèrent et l’encouragèrent dans sa quête à devenir la meilleure personne qu’il pouvait, pour étendre le Goju-ruy sur le globe.

Senseï Tetsuji Nakamura a voyagé dans le monde entier pour agrandir l’IOGKF et a également accompagné son maître Senseï Higaonna en Chine pour ses recherches historiques.

En 2008, Senseï Nakamura devint Vice Chef Instructeur de l’IOGKF. Et c’est quatre ans plus tard, lors du Budo-saï international de l’IOGKF que Senseï Nakamura obtint son 7ème Dan IOGKF et fut naturellement promut Chef Instructeur de l’IOGKF. Il a ainsi pris la responsabilité de la continuité du Goju-ryu aux générations suivantes. Mais il n’est pas seul aux commandes de l’IOGKF. Il forme un comité exécutif avec Senseï Ernie Molyneux (8ème Dan IOGKF) et Senseï Henrik Larsen (7ème Dan IOGKF) qui sont tous les deux Vice chefs Instructeurs de l’IOGKF. Egalement, il est assisté de deux conseillers techniques : Bakkies Laubscher (8ème Dan IOGKF) et Ka-zuo Terauchi (8ème Dan IOGKF)


SHIHAN BERNARD COUSIN

Bernard CousinNé le 7 juin 1947, il découvre le karaté en 1966. Véritable coup de foudre, il sera avec deux amis à l’origine du karaté dans la ville de Troyes (Aube). À l’époque, monsieur Battaglia professeur de judo, leur avait prêté une salle pour s’entrainer. Les trois compères allaient tous les samedis à Paris dans un vrai club, afin d’apprendre et avoir matière à travailler la semaine. Un an après et pour des raisons professionnelles, Bernard Cousin vint à Paris où il pût s’entrainer à loisir. Shodan Shotokan * en 1970, c’est en 1974 qu’il découvre le Goju Ryu d’Okinawa. En 1976 il séjourne un mois à Okinawa. Pendant ce séjour il rencontrera le déjà célèbre Morio Higaonna.

En 1979, la Fédération Internationale de Karaté-do Goju Ryu d’Okinawa (IOGKF) est créée en Angleterre. Il rejoint cette fédération en 1980 pour ne plus la quitter. Higaonna senseï s’apercevra du travail réalisé, et, pour ses qualités physiques, techniques et humaines, le nommera responsable national en 1984.

En 1994 au cours d’un stage mondial réservé aux responsables nationaux, Morio Higaonna senseï demandera à quelques pratiquants un examen non prévu. À la fin de ce stage, Bernard Cousin reçu des mains du maître le titre de “Shihan“. C’est un très grand honneur quand on sait que Shihan veut à peu près signifier : “celui que l’on doit imiter”.

En 2002 , dans le dojo d’HIGAONNA senseï 9° DAN à NAHA, OKINAWA, il passera avec succès l’examen du 7°DAN devant un jury prestigieux composé surtout d’An’Ichi MIYAGI senseï, 10° DAN et élève direct du fondateur Chojun MIYAGI et de Morio HIGAONNA senseï 9° DAN (à l’époque).

Il décède le 3 Mai 2012, foudroyé par la maladie. Fondateur de l’ AFKGO et pionnier du Karate Goju Ryu d’ Okinawa en France, il aura consacré toute sa vie à défendre et promouvoir les valeurs du Goju Ryu Karate-Do traditionnel.


Le Karaté Goju-Ryu d’Okinawa

LE GOJU-RYU est resté à Okinawa un karaté traditionnel utilisant des techniques de saisies, des projections, des clés, des coups de coude et de genou, des attaques aux points vitaux : yeux, parties génitales…. Les blocages comportent beaucoup de techniques mains ouvertes avec ou non des saisie. Tout ces blocages sont circulaires et sans choc. L’attaque est déviée et contrôlée pour empêcher l’adversaire d’enchaîner. Certains blocages sont basés sur la souplesse, le relâchement du bras. Le principe du blocage n’est pas la contraction mais une certaine élasticité ou lourdeur du bras qu’on nomme “ Muchimi ”. Les coups de pieds peuvent-être employés au visage à l’entraînement, mais en combat et dans les katas, ils sont courts et toujours en dessous de la ceinture. Le Goju-ryu comporte un travail de renforcement du corps basé sur un travail aux instruments de musculation spécifique, et sur un travail à deux.

Ces instruments de musculation sont destinés à développer la coordination des mouvements, le bon placement du corps et de la colonne vertébrale, la conscience des chaînes musculaires, et la globalité du corps dans chaque mouvement. Cette musculation cherche à augmenter la densité et non le volume musculaire, car un trop grand développement musculaire limite la souplesse et la rapidité. Ce travail vise aussi à renforcer et assouplir tout à la fois le poignet, les épaules, le dos et les hanches. Il développe la puissance mais aussi les sensations musculaire et la focalisation (kime) dans ce relâchement. Il permet de plus de développer l’énergie explosive. Le travail est basé sur la durée ; il ne sert à rien de vouloir manier des instruments trop lourd, il faut choisir une masse adaptée à son niveau et répéter les mouvements plusieurs dizaines de fois. Les instruments les plus répandus sont les suivants :

  • ChichiLes chishi: haltères constituées d’un manche et d’une masse d’un seul côté du manche. Les chishi sont souvent fabriqués avec du bois pour le manche et du ciment pour la masse ; cela permet d’en avoir de toutes les tailles et de tous les poids. Ce dernier peut varier de 3 à 15 kilo. On saisie le chishi par le manche, puis on exécute divers mouvements soit en sanchin, soit en shiko dachi. Tous ces mouvements s’accompagnent d’une respiration précise. Tout le corps doit participer à chaque mouvement.

 

 

  • KamiLes kami : jarres de terre cuite dont le col fait une dizaine de centimètres et que l’on saisit avec les doigts (pouce replié) afin de développer la force de saisie, la stabilité dans les déplacements et apprendre à bien positionner les épaules. Au début les jarres sont vides, puis quand le pratiquant les manies avec aisance, on y ajoute un peu de sable tous les jours avant l’exercice. Le travail est donc progressif et il respecte le corps.

 

  • IshisachiLes ishisachi: sorte d’haltères munies d’une poignée qu’on prend dans les mains pour travailler les techniques de bras, blocages…

 

 

 

 

  • Les tetsugeta : sandales en bois lestées ou de fontes destinées à travailler les techniques de jambes. Avec on exécute au ralenti divers keri pour développer la puissance de frappe et la fluidité des techniques de jambes (il serait néfaste pour les articulations de vouloir exécuter les techniques à vitesse réelle).

    MakiwaraCe travail aux instruments est complété par un travail au poteau de frappe “ makiwara ”, et par un travail à deux appelé “ kote kitae ” qui est destiné à endurcir les muscles des avant bras et donc à protéger les os dans les blocages. Dans sa forme la plus simple les deux pratiquants se frappent mutuellement sur les avant bras. L’intensité du choc est très légère au début de la pratique, puis va en croissant en fonction du niveau. L’important est de bien doser l’intensité du choc par rapport à son niveau, en effet toute lésion musculaire va à l’encontre du but recherché, c’est-à-dire l’endurcissement du muscle. Il existe également un “ ashi kitae ” pour endurcir les cuisses et les jambes. On n’endurcit que les muscles externes, en effet l’endurcissement des muscles internes des bras ou des cuisses est considéré comme nuisible à la santé. Le Goju-ryu possède également un exercice de mains collantes appelé “ kakie ” et que l’on trouve aussi dans les styles internes chinois comme le Tai Chi Chuan et que l’on nomme “ tuishou ”. Cet exercice permet de travailler la stabilité statique et en mouvement, le placement, la vision tactique, l’exploitation des erreurs du partenaire, et à sentir l’autre. C’est donc un très bon exercice d’entraînement au combat.

La positions la plus courante en Goju-ryu est sanchin dachi, considérée comme la base du travail de toutes les autres positions.

Le Goju-ryu comporte 12 katas, 9 sont des katas ramenés de Chine par Maître HIGAONNA Kanryo. Ils ont conservé leur nom en chinois du Fujian, bien que la prononciation en ait été okinawaïsée. Ces katas d’origine chinoise sont : Sanchin, un kata respiratoire de renforcement et de travail interne, SaifaSeyunchinSepaiSisochinSesanSanseruKururunfa,Suparumpei, qui sont des katas de combats. Maître MIYAGI Chojun a modifié le kata Sanchin, qui se pratique aujourd’hui poing fermés, et il a créé 3 katas nouveaux : Gekisai dai ichi et niqui sont des katas pour les débutants et le kata Tensho, inspiré d’un kata chinois que Miyagi a vu lors d’un voyage en Chine, et qui se travaille mains ouvertes. Il met l’accent sur la souplesse dans les techniques et est considéré comme le kata complémentaire du kata Sanchin.

L’entraînement traditionnel commence par l’étude du kata Sanchin et par l’apprentissage des techniques de bases : positions, blocages, attaques de pieds et de bras. Après cet entraînement de base qui peut durer plus ou moins longtemps selon les individus, commence le travail aux instruments et l’étude des katas de combat et de leurs applications “ bunkai ”. Les katas et les bunkai sont considérés dans les écoles traditionnelles comme la seule véritable école du combat. On apprend différentes versions d’un même kata au cours de sa progression, chaque version étant adaptée à un niveau de pratique. Les bunkai, à travers les multiples variantes doivent conduire à la spontanéité, à la vision juste de la distance et des réactions de l’adversaire. C’est le travail personnel du pratiquant de transformer les exercices de base que sont le kata et ses applications en une réalité de combat. Les techniques des bunkai se caractérisent souvent par une simultanéité du blocage et de la contre attaque. Le mouvement est continu, sans rupture. Il est à noter qu’à Okinawa on apprend pas un nouveau kata avant d’avoir pratiqué des années le précédent.